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Je est un autre... ou pas

Sulpicia

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July 13

12/07/09

Ben voilà, c'était hier, et c'était tout simplement énorme! La photo a été prise par un ami.
 

June 09

Jules Verne - Ô toi, que mon amour profond...

 

A Herminie.

Ô toi, que mon amour profond et sans mélange
Formé de ton image et de ton souvenir,
Avait su distinguer en l'auguste phalange
Des jeunes beautés dont nous faisons notre ange
Pour nous guider dans l'avenir,

Toi que tout rappelait à mon âme inquiète,
Et dont l'âme sans cesse assise auprès de moi,
Me dérobait du temps, qu'à présent je regrette,
Le cours lent à mes voeux, quand la bouche muette,
Je ne pouvais penser qu'à toi,

Qu'as-tu fait - loin de moi, tu fuis, et ton sourire
Vers moi se tourne encor, adorable et moqueur,
Tu sais ce que toujours, tout-puissant, il m'inspire,
Tu l'adresses, hélas ! il me paraît me dire :
Je te quitte de gaîté de coeur !

Tu me railles, méchante, ah ! de ta moquerie,
Si tu voyais combien l'aiguillon me fait mal,
Ce qu'à l'âme, il me met de douleur, de furie !
D'amour ! tu cesserais ta vile fourberie !...
Mais non ! - cela t'est bien égal !

C'est trop te demander - pars, fuis où bon te semble ;
Ailleurs, va-t'en verser la joie et le plaisir ;
Cherche un autre amant ; Dieu fasse qu'il me ressemble !...
Nous pouvions dans l'amour vivre longtemps ensemble...
Seul, dans l'ennui, je vais mourir !

June 06

Paroles d'élève

 
- Madame, c'est quand qu'on va voir la Joconde?
- Non, on dit: "Madame, quand va-t-on voir la Joconde?"
- Ouais: "Quand va-t-on voir la Joconde?"
- Bientôt.
 
- Madame, c'est quand qu'on la voit, la Joconde?
- On dit: "Quand va-t-on voir la Joconde?".
- Ouais: "Quand va-t-on voir la Joconde?
- Bien-tôt.
 
- Madame, elle est où la Joconde?
- Elle est là, devant toi.
- Non, pas celle-là, la deuxième?
- La deuxième Joconde?
- Ben oui, la vraie, quoi, la grande.
- Euh..., c'est la VRAIE Joconde.
- C'est ça, la Joconde? Aouf, l'arnaque!
June 02

Portraits de voyageurs (32)

 
Une voiture à compartiments. ça m'évoque toujours les vieux films en noir et blanc et les romans d'Agatha Christie...
 
Compartiment à huit places. Un homme, côté fenêtre, avec une console de jeu dans les mains. Assis dans le sens de la marche.
Une femme rentre, s'asseoit, sur la même rangée de sièges. Côté couloir à l'autre bout.
Deux hommes entrent, en grande discussion. L'un habillé façon col-blanc raconte comment, au prix de plusieurs infractions au code de la route, il a réussi à rallier B. à V. en moins de cinquante quatre mminutes  "aux heures de pointe" pour pouvoir monter dans ce train. Ils s'asseoit sur la rangée de sièges en vis à vis des deux autres. Mais pas l'un à côté de l'autre. Ils laissent un siège entre eux deux.
 
Il reste quatre places dans le compartiment. Le train se remplit petit à petit. Il y a du monde pour prendre ce train. Vingt personnes au moins sont passées devant le compartiment depuis que les deux hommes s'y sont installés. Aucune n'est entrée. Il ne reste que les places intercalaires laissées par les autres. Ils vont aller jusqu'au bout du train. Un lycéen rentre. Il regarde où s'asseoir. Il choisit à côté de la femme, dans une posture de controsionniste. Surtout, ne pas prendre le risque de toucher l'autre. Retenue, méfiance, timidité, vieilles résurgences d'instincts animaux refoulés, sensibilité aux odeurs, confort revendiqué... tout cela à la fois, probablement... Mais surout, ne pas toucher l'autre, même de la pointe du coude. Cette manière de se placer de façon à éviter le contact...
 
 
Le col-blanc parle à son téléphone: il lui donne des ordres concernant sa messagerie. Nouvelle ère, après l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, l'homme qui murmure au microphone de son téléphone. Enfin, qui murmure, c'est vite dit. Il sort pour passer un appel. Il laisse la porte ouverte et parle très fort.
La femme farfouille dans le tonneau des Danaïdes qui lui sert de sac à ùain et en extirpe un livre. L'homme en face d'elle (le copain du col blanc) en regarde furtivement le titre; il s'agit de La confusion des Sentiments, de S. Sweig. Il a sorti un livre lui aussi Le Cavalier Suédois de L. Perutz. Elle aussi jette un coup d'oeil au titre du livre. Je peux me tromper mais on jurerait que chacun des deux a fait un signe de tête d'approbation. Chacun jauge la lecture de l'autre en connnaisseur.
 
L'homme au téléphone est rentré dans le compartiment. Le contrôleur annonce l'arrivée en gare. Tout le monde descend.
May 29

Quand ça veut pas ...

 
Je ne sais pas si pour vous c'est pareil, mais franchement, y a des jours, où je sais vraiment, d'emblée, qu'ils vont être pourris de bout en bout. Et ce n'est pas qu'une vue de l'esprit, ou une interprétation déformante de la réalité pour la plier à cette idée que la journée va être une vraie journée de merde.
 
Et ça n'a rien à voir avec des histoires de pieds posés par terre, dès le réveil.
 
Moi, je sais précisément quand mes journées vont être vraiment pourries: pas celles où je me lève de mauvaise humeur. Je ne me lève jamais de mauvaise huemeur; je n'ai jamais aucun à priori sur mes journées. Non, mes journées pourries, ce sont celles, très précises où les machines s'en prennent à moi avant 8 heures du matin. Exactement comme jeudi. Pourtant, la journée n'avait pas mal commencé. Réveil facile, bulletin météo de 6h30 très optimiste, trains à l'heure, gens pas chiants dans le train et contrôleur éminemment sympathique. Elèves qui répondent à mon bonjour aux abords du collège. De quoi commencer sa journée sous les meilleurs auspices.
 
Et là, j'entre dans la salle des professeurs. Une collègue seulement, en train de faire ses photocopies. Cool, je me dis, pas longtemps à attendre pour faire les miennes. Dis "bonjour". Répond pas. Pas grave. C'est la grande mode en ce moment. Vais pas m'agacer pour ça, la journée promet d'être belle.
Par contre, elle utilise la photocopieuse comme support pour découper ses documents et faire ses montages. Là, déjà, ça le fait un peu moins.
Poliment, mais un peu sèchement tout de même: "Excuse-moi, X (on va l'appeler X, c'est mieux pour tout le monde), mais pendant que tu fais tes montages, je ferais bien ma série de photocopies, si ça t'ennuie pas." "Non, pas du tout" (encore heureux, que je me dis tout de même en moi-même) "T'inquiète pas, ce sera rapide, que je lui dis: juste un recto-verso pour une classe."
 
Fais mon code, insère les originaux pour mon recto-verso. Programme le nombre de copies. Et c'est là, juste au moment d'appuyer sur le bouton que je sens que la machine a décidé de tout faire pour semer la zizanie entre ma collègue et moi. Pas le temps d'arrêter mon doigt. Trop tard, il a déjà appuyé sur le bouton... Trois exemplaires... TROIS exemplaires avant le fatidique bourrage papier en cascade  sur tout le circuit de passage du papier. Sal...e de photocopieuse. Débourre, réinitialise. TROIS exemplaires .... et re-multi-bourrage. Re-débourrage. Là, je reconnais, j'ai attrapé la photocopieuse par les coins et je l'ai menacée. Y a pas d'autre solution, avec les photocopieuses récalcitrantes. Surtout quand on veut que ça aille vite: c'est qu'après les photocopies, faut faire les trous (oui, maintenant, on fait les trous dans les feuilles pour que les élèves les mettent directement dans le classeur; politique d'établissement d'allègement du cartable (1)). Et surtout, j'ai un café à prendre, avant de me retrouver face aux élèves. Car pour moi, Sans café, journée ratée.
 
Bon, la menace fonctionne, ma série de photocopies se termine sans incident. Les trous: pas de souci (y a un petit malin qu'a décalé les trous, mais avec mon oeil de lynx, je le vois immédiatement, rectifie le placement des trous et évite des perforations excentriques).
 
Apparemment, toutes les machines de l'établissement s'étaient liguées contre moi: non seulement la machine à café ne me donne pas de café, mais elle me bouffe ma pièce tout de même et refuse de me la rendre.
Sonnerie. ... Et ben, les gamins ont été AFFREUX, toute la journée. exécrables, insupportables, bavards, agités, ...
 
Mais j'ai eu ma revanche: le soir, besoin d'imprimer. Bon, c'est de bonne guerre, l'imprimante aussi me fait le coup du bourrage papier. A 15 minutes du départ de mon train. Je vois où elle veut en venir, celle-là... Débourre, et là, au moment de relancer l'impression, je lui coince le bouton. Na! Bien fait! Faudra que j'explique ça à mon administrateur réseau mais tant pis. ça lui a fait les pieds!
 
 
(1) Si vous voyez pas le rapport, je vous expliquerai la logique, mais une autre fois. 

Choses à faire que l'on remet à plus tard

 
Sauter en parachute, apprendre l'Hébreu, apprendre l'Arabe, me remettre au sanskrit, apprendre vraiment l'Italien, ranger mon bureau pour de vrai, me remettre au grec, lire la Divine Comédie, m'offrir un baptême en ULM, apprendre à piloter un avion, visiter Carthage, faire le tour de la Grèce, retourner à Bristol, faire le tour de l'Islande. Me rendre aux îles Marquises, terminer au moins une des nouvelles que j'ai écrites et laissées en plan, prendre des cours de dessin, lire La Légende des Siècles en entier, faire le Louvre en une seule fois (mais pas en un seul jour!), refaire de la dentelle, faire du sport deux heures par semaine, monter en haut d'un phare, apprendre à relier des livres.
May 20

"Sans vouloir vous commander" ou : parlez-vous Belle-Maman?

 
Je vous ai menti: mes beaux-parents ne sont pas des gens charmants. Ce sont des emmerdeurs. Champions du monde toutes catégories. A finir par croire que j'ai dû faire des choses bien viles dans une vie antérieure et qu'ils sont uniquement là pour me pourrir la vie et me les faire payer. Bien sûr, c'est à Belle-Maman que revient la médaille d'or.
Que je vous raconte sa dernière lubie:
En ce moment, nous refaisons notre salle à manger. (Bon, nous n'en sommes qu'aux préliminaires: décoller le papier, reboucher les trous, lessiver, etc...ET vider la salle à manger). Il se trouve que nous possédons le landau de Belle-Maman, un vieux landau des années 40, que mon cher et tendre a restauré de ses mains (Ah! quel bonheur d'avoir un mari bricoleur!). Il l'a récupéré à la mort de son grand-père, lorsque sa grand-mère a vendu la maison et redistribué ses vieux meubles entre ses enfants et ses petits-enfants. Elle s'est installée dans un appartement avec des meubles tout neufs achetés avec l'argent de la vente de sa maison. Chacun a donc pris ce qui lui plaisait. Et mon époux a récupéré ce landau et une armoire qui nous sert aujourd'hui de vaisselier, dont personne ne voulait.
 
Quel rapport avec le début de l'article? me demanderez-vous. Eh bien, ce fameux landau trône bien tranquille dans notre salle à manger où il nous sert de range-documents, sans faire de mal à personne. Il a rien demandé, lui, le landau. Surtout pas à Belle-Maman, qui décide de se rappeler aux bons soins du landau et qui nous sort - Attention, grand moment; je vais profiter de cette anecdote pour vous décoder le langage "Belle-Maman"  :
 
- Dis, Hervé (déjà, ça part mal: elle ne s'adresse qu'à son fils, elle veut donc aborder une question délicate, qui lui tournicotte dans la tête depuis plusieurs jours), puisque vous refaites votre salle, j'ai pensé (aïe, vraiment ça part TRES mal: quand elle pense, c'est jamais bon signe; elle a encore une idée à la c... ; Et  Belle-Maman pense beaucoup. Elle pense trop, même), mon landau (nous y voilà: SON landau; elle n'en a pas voulu mais maintenant, c'est son landau), vous n'allez surement pas le remettre, quand vous aurez refait votre salle (??? ... !!! ... ???). Et donc, j'ai pensé (encore!) que vous pourriez le donner au musée du jouet de la Ferté (Houlà, effectivement, Belle-Maman a BEAUCOUP pensé! Et où a-t-elle été pêcher cette idée!). Enfin, je dis ça... sans vouloir vous commander (Belle-Maman = grosse menteuse; t'aimerais bien pourtant, c'est pas faute d'essayer, même! Mais tu peux pas!)
Réponse d'Hervé: - ...
Moi: - Non.
Belle-Maman: - Enfin, je disais ça comme ça (ben voyons!), au cas où vous n'en voudriez plus.
Re-réponse d'Hervé: - ...
Re-moi: -Non.
 
D'expérience, dans ce genre de cas, Hervé ne dit rien, comme vous pouvez le constater; ça évite de dire non, donc les discussions à n'en plus finir, et tout ce qui va avec, notamment les sanglots et le sempiternel refrain du "tu nous aimes plus, fils indigne".
D'expérience, moi, dans ce genre de cas, je m'exprime autant que possible par monosyllabes; d'abord, ça coupe court aux discussions sus-nommées et ça évite que mes propos ne soient mal interprétés et déviés de leur but premier pour être retenus contre moi (je vous raconterai, à l'occasion). 
Et puis, on est rôdés, maintenant: sur le coup de penser à une seconde vie pour NOS meubles, il faut savoir que Belle-Maman est une récidiviste: elle a déjà essayé avec l'armoire... c'elle dont je vous parlais au début de ce billet. Imaginez-vous que quand on s'est mariés, Hervé et moi, Belle-Maman a eu envie de changer l'armoire de sa chambre et elle s'est aperçue, ce jour-là que celle dont elle n'avait pas voulu plusieurs années plus tôt et qui est à présent dans notre salle à manger, ben, c'était celle-là qui irait parfaitement dans son intérieur. Et là, Dieu seul sait comment, elle avait SUPPOSE que j'allais vouloir me débarrasser de l'armoire, et qu'elle allait donc pouvoir s'appuyer sur moi pour la récupérer, en nous refilant la sienne, dont elle ne voulait plus.
 
Une chance, en fin de compte, qu'elle ne veuille pas nous commander!
 
May 18

Choses qui donnent envie de se lever le matin

 
Le chant des oiseaux.
Savoir qu'une fois la journée passée, le week-end commence...
La veille de Noël.
Ne pas avoir fermé les volets la veille et voir les toits d'en face recouverts de neige. Et la ha^te de sortir, pour voir combien de centimètres de neige se sont déposés sur le monde pendant la nuit. Alors, on sait qu'on a quelques minutes pour profiter de ce paysage totalement blanc, avant que l'activité humaine ne reprenne ses droits, et que la neige se souille.
Savoir qu'il va faire beau. Un rendez-vous galant. Un départ en vacances.
Des puces dans le lit.
Lorsque je rentre chez mes parents, en Normandie, passer quelques jours. 
Un bain à la mer.
Sentir qu'il fait beau, au chant des oiseaux.
Mon anniversaire. Parce que je sais que mon amour me prépare toujours une petite surprise pour mon anniversaire.
L'achat des cadeaux de Noël, l'impatience de faire les magasins à la recherche du cadeau qui fera plaisir à ceux que l'on a envie de choyer. Même si je sais que ce plaisir sera de courte durée, car une fois dans la cohue, je n'ai souvent plus qu'une envie: rentrer bien vite à la maison et me recoucher!
 
May 14

L'Ombre du Vent

 Il est des livres qui nous ont tellement emplis, qu'on se sent un peu abandonnés, quand on vient de les finir; ces livres qui nous font venir une seule question à la pensée quand on les referme: "Et maintenant, qu'est-ce que je vais bien pouvoir lire?", comme si aucun livre, après celui-là, ne pouvait avoir de saveur.  
 
Je viens de refermer L'Ombre du Vent, de Carlos Ruiz Zafon, dont voici l'incipit:
 
      "Je me souviens encore de ce petit matin où mon père m'emmena pour la première fois visiter le Cimetière des Livres  Oubliés. Nous étions aux premiers jours de l'été 1945, et nous marchions dans les rues d'une Barcelone écrasée sous un ciel de cendre et un soleil fuligineux qui se répandait sur la ville comme une coulée de cuivre liquide.
     - Daniel, me prévint mon père, ce que tu vas voir aujourd'hui, tu ne dois en parler à personne. Pas même à ton ami Tomas. A personne.
     - Pas même à maman? demandai-je à mi-voix.
     Mon père soupira, en se réfugiant derrière ce sourire triste qui accompagnait  toute sa vie comme une ombre.
     - Si, bien sûr, répondit-il en baissant la tête. Pour elle, nous n'avons pas de secrets. Elle, on peut tout lui dire.
     Peu après la fin de la guerre civile, ma mère avait été emportée par un début de choléra. Nous l'avions enterrée à Montjuïc le jour de mon quatrième anniversaire. Je me rappelle seulement qu'il avait plu toute la journée et toute la nuit, et que, lorsque j'avais demandé à mon père si le ciel pleurait, la voix lui avait manqué pour me répondre. Six ans après, l'absence de ma mère était toujours pour moi un mirage, un silence hurlant que je n'avais pas encore appris à faire taire à coups de mots"
 
 Et maintenant, qu'est-ce que je vais bien pouvoir lire?
 
May 13

Parole du jour

Pour une amie en mal d'âme
 
"L'âme, c'est comme le foie, ça repousse"
 
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